Mini-Histoire : Teaser
ACTUALITÉ Actualité, Mini-Histoire, TeaserBonjour et bienvenue,
Je te propose ce texte ; tu as le droit de ne pas aimer, de le critiquer franchement, voire de le détester.
Arrête de lire si ça ne te plaît pas, lis-le seulement si tu en as envie.
Le plus important, participe si tu veux, partage tes retours, améliore, modifie = on contribue au projet ensemble.
Le texte est OPEN SOURCE est libre de droit.
Pour aider, les mots complexes ou inventés sont des liens cliquables.
[ VERSION LONGUE DE TOUTES CES EXPLICATIONS ]
Hé si tu aimes pas, tu aimes pas.
C’est pas grave !
File-le à une amie ou à un pote,
Peut-être ça va lui plaire.
RAPPEL ; Les droits du lecteur selon Daniel Pennac et je t’invite à te les approprier.
SOURCE ; https://umvie.com/les-10-commandements-de-lecteur-selon-pennac-a-decouvrir/
Le lecteur a le droit de prendre ses libertés, que Pennac énonce ainsi :
1 – le droit de ne pas lire ;
2 – le droit de sauter des pages ;
3 – le droit de ne pas finir un livre ;
4 – le droit de le relire ;
5 – le droit de lire n’importe quoi ;
6 – le droit au bovarysme https://fr.wikipedia.org/wiki/Bovarysme, maladie textuellement transmissible ;
7 – le droit de lire n’importe quoi ;
8 – le droit de grappiller ;
9 – le droit de lire à haute voix ;
10 – le droit de nous taire (Ce dernier droit évoque la possibilité de ne pas parler des livres que l’on a lus.)
Présentation
Petite présentation
Il s’agit d’un court texte ; « teaser » assez explicite pour présenter rapidement le projet, mon style et introduire, un peu, l’histoire ainsi que l’univers dans lequel tu peux plonger si tu souhaites en découvrir plus.
C’est une « mini histoire » qui n’a pas de lien direct avec l’histoire principale, afin d’avoir un encrage émmotionnel j’ai « réutiliser » des personnages de l’histoire principale… mais…
Pour ne pas te spoiler ici, je fais une ‘simple’ présentation de l’univers et de quelques personnages, comme je viens de l’écrire pour ancrer ou encrer l’émmotion j’y présente des personnages… pendant leur petite enfance, cela se passe environ une douzaine d’année « avant ».
J’aurai pu écrire cette même histoire simplement en changeant les prénoms et du coup il ne s’agissait plus des personnages de l’histoire principale, mais j’ai estimé que c’était important de crée ce lien affectif dans ce teaser, si tu veux me faire le plaisir de continuer à lire.
Bien sûr dans ce « teaser » tu vas retrouver les carractéristiques « bande annonce » avec des éléments très communs aux deux ; c’est volontaire. Tu vas retrouver du « copier/coller »… mais pas tout à fait, mais presque, comme une impression de « déjà vu » et un peu différent quand même : c’est que mon teaser est bien réussi.
J’ai prévu d’écrire d’autres petites histoires à des époques différentes, mais cette fois ci avec d’autres personnages, et même dans d’autre lieux.
Mais toujous dans ce même univers, afin de développer certains éléments du lore qui parfois peuvent être juste « vu ».
Voilà, merci et bonne lecture.
Dfalm.
Mini-Histoire : Teaser

« Mini histoire ; Teaser »
Bili bilip, bili bilip… Les pensées embrumées, Rémi émerge et lève la main, le réveil s’éteint. Puis il laisse tomber son bras à côté de lui : « Ha ! »
La place est vide, ses doigts courent le long du drap, la place est froide.
Elle est levée depuis quand ?
Sa paupière se lève pour répondre à la question. Là-bas, tout au loin, sur la table de nuit, le réveil ; déjà !
Il entend des rires et des gazouillis, les filles sont debout depuis longtemps ? Il les rejoint.
Elles sont toutes les deux dehors, attablées à la terrasse ;
- Papa. » Une petite tête blonde saute sur lui, il la soulève et la fait tournoyer dans les airs dans ses rires de joie. Elle sent bon, la lavande, la résine de pin et la peau chaude de l’enfance.
Toujours assise ses cheveux bouclés roux jouent avec le soleil matinal. Elle tourne vers lui ses yeux verts, il se penche et l’embrasse tendrement. Il s’assoit à côté d’elle, la petite fille les laisse seuls et fonce à l’intérieur. Il fait encore frais, les cigales ne chantent pas encore, il profite. Les boucles rousses et les yeux verts se lèvent, une caresse sur l’épaule de Rémi et elle rentre à son tour.
Derrière lui un petit galop.
- Tiens papa, nous on va aller en ville avec maman faire des courses. » Elle le serre fort et détale.
Elle a posé sur la table sa mallette, il l’ouvre et prend son ordinateur en bois d’acajou ciré, très rouge avec peu de veines, qu’il l’aime beaucoup. La chaleur du bois l’apaise immédiatement.
Il le caresse du bout des doigts, puis le met sur la table ; à gauche.
Un vrombissement ; ses yeux se portent au loin, par-dessus les chênes verts. Jouant avec les rayons du levant, les panneaux solaires d’un dirigeable apparaissent entre plusieurs branches. Puis il s’élève, ses quatre puissants moteurs électriques font ronronner les hélices en cadence. Rémi à l’impression d’avoir des Lucanes cerfs-volants qui volette autour de lui. La céToynne progresse lentement dans le ciel bleu, la centaine de tonnes avance avec grâce et dans le silence feutré des pales. Comme l’insecte doré, les miroirs jouent avec la lumière et irise sa surface d’une belle couleur Chrysoprase.
Rémi pose sa mallette sur la table après avoir pris sa pochette en velours violet aux reflets vert.
Dedans il y a ses préempteurs, périphérique de contrôle. Il prend la première paire de chaînettes qui relie entre elles les cinq bagues, elles sont fines et en argent.
Il a fait ciseler chacun des anneaux, c’est plus joli. Il enfile les deux mains.
Les bagues glissent, elles sont douces et agréables, comme des gouttes d’eau chaude sur sa peau, signalant la connexion.
Rémi tend le bras, de sa mallette il prend son clavier gonflage — une membrane souple, légère comme une méduse, qui épouse la forme de ses doigts dès qu’il la caresse plus qu’il ne la touche.
Pour finir, avant de fermer sa mallette il prend ses lunettes ‘dn-ordinateur’.
Il les chausse et enfile ses oreillettes.
D’un geste discret de la main droite, il caresse l’acajou pour allumer son Ordi.
Sur ses tempes, le contact frais de la monture déclenche un léger frisson, familier, rassurant, qui confirme la synchronisation.
Dans ses oreilles le petit « bip » caractéristique – son qu’il a gardé par nostalgie, un peu ‘old-school’.
Ça le fait marrer.
Bien sûr que, c’est inutile…c’est justement pour ça que c’est indispensable.
Face à lui, l’écran noir classique s’anime. Il a laissé le « Check » du matériel, réglé à sept secondes — juste le temps de respirer. Tout semble en ordre. L’ordinateur est prêt.
Rémi voit d’abord le fond d’écran dans le bureau à 150° ; une grande plaine sous-marine de kelps.
La lumière perce la surface et joue avec des collines au loin.
Il aime cet endroit, vu depuis les hauteurs de la falaise, juste en contre bas des silhouettes en forme de tortues. Puis la prairie s’étend, verte et les collines se découpent au loin dans les ondoiements des algues.
Peu à peu, son regard s’habitue.
Il commence à distinguer le reste du bureau : des icônes, semi-transparentes aux couleurs pastel — rose pâle et héliotrope — qui flottent doucement autour du paysage.
Rémi effleure l’icône du traitement de texte.
Une grande fenêtre s’ouvre, superposée à la vue, sans la masquer totalement.
Comme s’il voyait à travers un scaphandre : l’interface enveloppe le regard, mais le monde qu’elle révèle reste visible, à la fois dehors et dedans.
Le texte lui-même semble flotter dans l’eau, translucide, bordé de jolis symboles affordants.
Un coup d’œil à droite. Rémi vient de trouver son lecteur de musique, en bas, posé sur le toit d’un bâtiment étrange… Il descend, le long de la falaise, évite une corniche, attrape la musique — un œil oblong, l’icône d’une double bille irisée palpite doucement. Il saisit le lecteur pour choisir.
Il hésite … hummm… non… non… non…
Voilà !
De ses préempteurs, main gracieuse, il active l’écoute.
Le premier morceau commence, ses épaules se relâchent, la musique efface tout.
Il aime beaucoup cette artiste. Elle l’apaise. Il est heureux.
Retour au taf !
Calmement il relève la tête, l’espace de travail défile en reculant, Rémi relit l’entête de ce qu’il était en train d’écrire…
Ah oui ;
« Une mini histoire ; un teaser…
Grain de vie
XeAr expédie son déjeuner, il est tout seul à la caharap’ronden familiale, il se dépêche d’aller voir ses grands-parents. (prononcer Siharr) Rapidement il débarrasse la table et sort en frétillant. Leur caharap’ronden est nichée dans les creux d’une colline, bien lovée à l’abri, dans les roches bleues.
Son regard parcourt son village, les autres habitations sont rondes, comme les carapaces des tortues, façonnées pour épouser les marées mais pas pour les braver. Ses parents, comme tous les villageois les dessinent avec des formes protectrices et fluides.
Du bas du foyer familial, ses yeux se lèvent en direction de sa pièce qu’il a tissés lui-même — avec des bio-polymères filamenteux. Tout le monde utilise les matériaux organiques locaux. D’ailleurs il doit foncer à la forêts de kelps génétiquement modifiés — rejoindre ses amis tout à l’heure. Elle est vraiment jolie leur maison, d’un aspect naturel ; vivante, changeante — jamais figée.
Toutes les demeures sont cultivées par ses habitants, XeAr a beaucoup aimé y participer. D’un coup de rein il se soulève et commence à donner de grand coup de palmes. Il ondule et sent sur sa peau l’eau fraîche matinale qui glisse le long de son corps.
Il aime cette douce odeur orientale et épicée dans les courants.
Finalement il arrive, après avoir nagé plusieurs minutes, il aperçoit l’amani-Habs dans laquelle sa grand-mère a déployé son infirmerie. Au rez-de-chaussée son grand-père squatte un atelier de recherche.
XeAr passe toujours par là en premier.
- Coucou ! » Lance-t-il en arrivant.
Ils s’enlacent tous les deux. Le grand-père se tourne vers l’établi derrière, il y dépose l’arpon qu’il tenait à la main et se retourne en dévoilant :
- Tiens regarde. » Et il lui montre une coralaustatue qu’il vient de faire pousser.
- Elle est super belle ta mégaptera comment elle s’appelle ? » Lui demande curieux XeAr.
- Hé hé, je ne lui ai pas encore donné de nom, je t’attendais.
Je l’ai observé la semaine dernière, elle croisait à une dizaine de lieues d’ici. Une partie du troupeau est resté avec elle, la nurserie. »
- Oh ! Merci. » D’un air impressionné.
- Elle arrive à terme, sa parturition ne devrait pas tarder, c’est pour ça qu’elle tourne près de chez nous. » Dit le grand-père d’un geste de la main, comme pour indiquer une direction.
- Elle attend un petit ‽ » S’exclame XeAr avec tout son enthousiasme d’enfant. (‽ point exclarrogatif)
- Sous peu oui, avec un peu de chance nous pourrons y aller ensemble. » Approuve son grand-père, il a une belle voix de bariton qui sonne bien.
XeAr est bien plus petit que l’adulte, il n’a que treize printemps.
- Faloudense ? Il y a quelqu’un ? » Demande une voix qui vient de dessus.
- Mais non, c’est moi. Je parle tout seul, je radote, tu le sais bien. » Lance-t-il en faisant un clin d’œil à son petit-fils. XeAr répond d’un sourire complice et il mime qu’il va monter en silence.
D’un geste tendre il salut son grand-père et nage discrètement pour rejoindre l’étage.
Le parfum mentholé envahi ses ouïes et pénètre tout au fond de ses branchies.
Il y a un arrière-goût cannelé avec une touche miellée et son exhalation le trahi, sa grand-mère vient de le repérer.
- Ha ! C’est toi XeAr, quel chenapan mon amoureux alors. » Dit-elle à voix haute en direction de l’atelier et elle tend ses bras pour embrasser le jeune p’Aoriiu très fort contre elle. L’eau a un parfum de menthe sucrée juste en retrait de l’iode et un autre goût… qu’il n’arrive pas identifier.
- Salut ! » Dit une petite voix derrière.
- Oh pardon. » Répond XeAr.
Allongée sur la table au milieu de la pièce une grande Jobotahe étincelante (prononcer robota).
Elle est élégante, fine, élancée comme une lame d’algue. Le long de son corps effilé, le bras droit, grand aplati, salue XeAr en ondulant. Sa tête légèrement oblongue penchée, un nez minuscule, des arcades sourcilières peu profondes. Elle a des pommettes douces, une mâchoire gracieuse, et ses oreilles discrètes à peine visibles. Ses jambes, comme ses bras, sont plus larges qu’épaisses ; un peu ‘plates’ même, avec un interminable mollet.
- Je t’avais pas vu. » Ajoute XeAr.
- C’est grapave ». Répond une voix douce et apaisante.
Sa grand-mère pivote pour continuer et elle ajoute :
- Vous savez que vous avez à peu près le même âge vous deux ? » Comme si on petit-fils avait besoin d’aide pour entamer la conversation.
- Au fait comment tu t’appelles ? » Lui demande XeAr.
- xxsioo et toi ? » Toujours cette voix apaisante et douce. (prononcer sihö)
- XeAr. »
Il se tient à côté de sa grand-mère et continue :
- T’es une fille ou un garçon ‽ » D’une sincère curiosité. (‽ point exclarrogatif)
- Je sais pas encore. » Lui répond la Jobotahe.
- D’accord. »
- Voyons XeAr, tu vois bien que sa mue n’est pas encore polymérisée ! Tu as l’habitude pourtant, depuis le temps que tu viens. » Lui lance sa grand-mère en même temps qu’un sort.
Elle signe une aquaglyphe luminescente qui se déploie au-dessus de la poitrine plate et étincelante de xxsioo. Les doigts s’agitent pour faire grandir la jettatura et amplifier sa densité.
Sur tout le corps commence à s’étendre la lumière bleue du sort et crée un halo avec de petite étincelle.
L’eau devient sibylline et chargée d’électricité.
XeAr sent l’iode qui devient plus épicée le long de ses ouïes, il inhale à fond l’eau. C’était çà l’odeur !
De l’holter au flanc droit de sa grand-mère sortent les tubulures remplies de couleurs chatoyantes. Une d’elle vient se planter sous sa tunique, juste au-dessous de l’évent de ses branchies. Avec les mouvements de l’eau et de l’incantation, XeAr aperçoit le cathéter sous le tissu. xxsioo chante avec sa grand-mère, juste une tierce en dessous et il produit lui aussi ses aquaglyphes.
Un bourdonnement grave envahi la pièce ainsi que l’odeur de menthe tendre. XeAr suit le mouvement des doigts de la Jobotahe allongée, il reconnaît certains algorithmes. Surtout les identités remarquables entrelacées à l’intérieur du sort ; parce que sa grand-mère lui rebat les oreilles avec.
Il attend patiemment près de sa grand-mère et de cet ami, qui est un inconnu pour le moment avec qui il n’a pas encore fait connaissance.
- Voilà j’ai fini. » Pose une voix pleine de bienveillance la magicienne médecin.
- Super, tu viens jouer avec nous ? » Demande XeAr maintenant impatient.
- Oui c’est possible. » Dit xxsioo en se relevant.
- On va à la forêt de kelps et aux marmites-éponges. » Dit XeAr prêt à bondir.
- Vous faites attention ! Sa mue. » Insiste la partie médecin de la grand-mère.
- Mais oui, tu nous connais ! Et en plus il y aura Dergfe avec NaOH et les triplets berdaches. » Approuve XeAr. (prononcer dèrgue fée et Naor)
- Hop hop, Tout doux les alevins ! Il y aura ta sœur ? » Sur un ton franchement inquiet.
- Bha oui, c’est ma petite sœur ⸮ Et y aura aussi mon ami et pleins d’autres. » (⸮ point d’ironie)
- Ouai, et bien toi, viens ici, s’il te plaît. » D’un doigt impératif en direction de la Jobotahe.
Maintenant debout, elle est plus grande que l’adulte, de plusieurs têtes.
XeAr lui paraît tout petit.
xxsioo s’exécute et s’approche.
- Tu vas m’aider c’est facile. Tu me suis, les formules algorithmiques sont simples. Xear : toi également. » En faisant signe.
XeAr aussi s’exécute et s’approche.
- C’est une thaumaturgie qui est à votre portée, vous allez voir. » Tout en déployant l’hydroglyphe d’un petit sortilège prasin.
Les deux enfants suivent et imitent. Puis le sort commence à se teinter de wisteria tendre. De grande pièces, de plusieurs centimètres commencent à se tisser. Ils suivent le mouvement et les font onduler dans l’eau tiède, fleurie, presque sucrée. Maintenant le sort est franchement couleur rubis il a une belle aura améthyste qui diffuse dans toute la pièce. La grand-mère fait signe et ils approchent leurs sorts du sien, un signe à nouveau et ils s’arrêtent. Elle prend et rassemble les trois Yualas dans des gestes simples.
- Voilà ! » Dit-elle satisfaite.
Elle le tend à xxsioo :
- Enfile-le ! »
La Jobotahe se drape de la théurgie douce et réconfortante.
- Tourne-toi s’il te plait. » D’une voix calme.
xxsioo fait face à son médecin, elle finit en un mouvement de sceller les polynômes qu’ils ont tissés tous les trois ensemble.
- Voilà ! Bravo à vous. Super ! XeAr tu surveilles et toi aussi xxsioo ! Vous savez refaire un Yuala maintenant. S’il se déchire… quand il se déchirera lorsque vous jouerez ; je compte sur vous ! Vous deux ! Pour faire attention et raccommoder la jettatura. C’est important ! Pour ta mue. » Insiste-t-elle en regardant en premier xxsioo, puis son petit-fils avec une complicité pleine de tendresse.
xxsioo avec ses bras immenses embrasses sa bienfaitrice dans un remercîment plein d’affection.
XeAr en profite pour plonger lui aussi au milieu de ce câlin, autant pour en prendre que pour en donner.
D’un seul mouvement les deux enfants relâchent leur étreinte.
- Allez, on y va ? » Demande plein d’entrain XeAr.
- On est parti. » Approuve xxsioo en se jetant à l’étage en dessous.
Le p’Aoriiu s’est fait surprendre et il suit aussi vite qu’il peut, un dernier regard pour sa grand-mère.
- Je t’aime. » Lui lance-t-il avant de disparaitre.
- Moi aussi, très fort. » Résonne dans la pièce, toute seule, elle range son matériel.
- Toi aussi je t’aime. » Jette XeAr dans une affirmation courbe à destination de son grand-père.
- Et moi encore plus fort. » Répond amusée la voix puissante de bariton.
Les deux enfants quittent l’amani-Habs dans une course poursuite inégale. xxsioo a déjà accauder, ses palmes et file du long de ses deux mètres, comme un requin furieux.
Les palmes de XeAr sont beaucoup plus petites, avec des nervures nacarat. Le système qui les solidarise est très discret. Une fois accaudé il peut nager de sirène avec ses petites jambes d’enfant.
- C’est pas juste ! Tu mesures deux mètres de plus que moi… au moins ! Je suis sûr que tes palmes sont plus grandes que moi. » Aboie désespérément XeAr en voyant rapetisser la Jobotahe.
Lui aussi disparait derrière la colline en direction de la forêt de laminaires génétiquement modifiés.
La lumière changeante, transforme les silhouettes, passant du bleu profond à un doré tendre.
C’est ainsi que ce termine sur ce paysage cette aventure. »
FIN
La musique continue doucement, le morceau s’achève également. L’iris se referme.
Remi repose l’œil oblong de son lecteur. D’un mouvement il vérifie la sauvegarde et quitte son traitement de texte. La fenêtre en transparence se dissout et laisse place à la grande plaine sous-marine de kelps. D’un geste de la main, il dessine avec ses préempteurs la phase d’arrêt. L’image s’estompe de son champ de vision. Puis il range le tout dans sa pochette en velours violet.
Avec la main gauche il pince son clavier bleu et rose, en expulse l’air doucement, le plie avec soin ; il rejoint la mallette avec la pochette.
Il retire ses oreillettes avant de déchausser ses lunettes. Il les dépose délicatement à droite, à côté de la boîte en acajou rouge et ciré. Il caresse les veines du bois, penseur.
- Papaaaa ! » Derrière lui.
- Mais ? C’est scénarisé ou quoi ? » Demande Rémi en riant.
Dans ses bras, sa fille lui fait un câlin et l’étouffe.
La chevelure rousse est déjà là, les lèvres posées sur les siennes, elle lui vole un baiser ou peut-être qu’elle le lui donne.
- On arrive à peine. » Dit-elle de sa voix amoureuse.
Les cigales chantent, le soleil est bien haut, Rémi n’a pas vu le temps passer.
- Tu as pu bien avancer papa ? » Lui demande la touffe toute blonde sous un chapeau de paille qu’il n’avait pas remarqué.
- Oui bien. Je vous aime. » Dit-il en les enlaçant toutes les deux.
Peut-être à suivre…